Vendredi 22 août 2008
8h30 : je me réveille en sursaut dans le dortoir du camp Dominique Savio. Le réveil est brutal, on dirait qu’un marteau piqueur est en train de s’amuser à percer des trous dans ma boîte crânienne.
9h00 : me voilà en petit bonhomme à ramasser des bières vides et à les mettre dans des caisses. Je me sens comme le pape Jean-Paul II avant sa mort.
14h00 : Me voilà en train d’embarquer les boîtes à Mel, on la déménage vers Québec.
14h30 : Le char est plein, le réservoir aussi. Direction Quebec City. Aller seulement pour la dame, aller-retour pour le monsieur. Heure prévue de retour : 1h30 A.M.
17h30 : On arrive chez l’amie de l’autre, débarque les choses. Direction les plaines d’Abraham pour aller voir Céline Dion. Au revoir mesdames, mon vieil ami Doré m’attend pour le départ.
La question qu’on se doit se poser c’est : pourquoi Bill es-tu diable aller voir Céline sur les plaines ? Pour faire une histoire courte, disons que je me suis ramassé avec des billets pour le spectacle et que j’avais la ferme intention de les vendre au milieu août quand la demande allait être la plus forte. Plus les jours avançaient plus je me disais que j’allais devenir riche !
Puis, bang ! La société du 400ème annonce que tout le monde va pouvoir assister au spectacle et les détenteurs de billets auront juste un « meilleur » spot devant le stage. Merde, ma stratégie ne fonctionne pas. Tant pis, on va en profiter pour y aller.
La deuxième question qu’on doit se poser c’est : pourquoi Bill après la grosse semaine que tu as passée tu te décide de te taper un Québec aller-retour dans la même soirée pour aller voir Céline Dion ?
La réponse est simple : c’était un évènement historique. Je voulais faire partie de l’histoire. Pouvoir raconter à mes enfants que oui, papa avait été là au fameux spectacle de Céline sur les plaines. De plus, qu’on ne l’aime ou pas, il n’en demeure pas moins que si Elvis Presley est l’homme ayant eu le plus de succès dans les palmarès/ventes, Céline Dion est la première chez les femmes. Une légende qu’on ne saurait que de se devoir de voir au moins une fois dans sa vie.
Bon, retour sur le spectacle. Nous sommes arrivés sur Grande-Allée vers 19h00. Rendu là, nous avons du trouver l’endroit où l’on pouvait entrer avec nos billets. 40 minutes plus tard, on fini par trouver (après avoir fait à 80% le tour des plaines). C’est monstrueux, 10 000 personnes devant en file, 10 000 derrière en file. Point de non-retour.
On fini par arriver sur le lieu du spectacle. On se dirige le plus en avant possible. On est chanceux, on est juste a côté de la première tour de speakers hors-stage et juste devant la première écran géante qui cache la vue de la scène à tous ceux derrière. En fait, on est tellement proche que les gens sur le stage sont aussi gros que si je prenais mon engin dans ma main après avoir fait 5 min d’apnée dans l’Arctique. Néanmoins, les immenses écrans sur les côtés du stage nous permettent de tout voir.
Pour passer le temps, les organisateurs ont fait quelque chose d’intéressant : ils ont passé des documentaires sur Céline. Quand je suis arrivé, c’était un documentaire de Musimax fait sur Céline et son équipe de tournée. Par la suite, ce fut un reportage sur Céline à Québec. De 1980 à nos jours. 20h40, le documentaire se termine. Quelques instants d’attente et un nouveau vidéo démarre, maintenant c’est un montage de toutes les villes où Céline s’est arrêtée depuis le début de sa tournée Taking Chances. On a droit à un vrai tour du monde express. Puis, le vidéo ce termine par « Ce soir : Québec ! ».
La musique débute et Céline apparaît du haut de l’escalier sur cette scène épurée de tout fla-fla. On est là pour la musique, pour le chant et pour la fête. Les trois premières chansons passent à un train d’enfer, puis, Garou arrive pour commencer à chanter Sous le vent. La chanson se termine, Céline quitte et Garou chante son premier tube : Seul.
Voilà à quoi on aura droit : des duos, des chansons de Céline et des chansons des artistes invités.
Marc Dupré arrive, chante son dernier succès puis Céline vient le rejoindre pour la chanson « Tout près du bonheur » que la méga-star lui a offert.
Nanette Workman se pointe, y va d’un blues langoureux dans lequel on (re)découvre sa puissante voix. Dès la chanson terminée, elle en repart une nouvelle : Lady Marmelade. La foule est en délire. Céline vient chanter avec elle puis elles enchaînent tous les deux « J’irai où tu iras » dans une version énergique. Le party lève.
Céline présente Dan Bigras qui vient chanter avec elle : Tues moi ! L’émotion est palpable, une mouche se fait entendre sur les plaines. Puis, Bigras enchaîne avec : un texte sur Sarajevo, la chanson O Fortuna et la très populaire « les petits cochons ».
Zachary Richard arrive, nous fait l’honneur de jouer Jean Batailleur. Par la suite, il remercie René et Céline de leur support dans les inondations ayant touché la Louisiane il n’y a pas si longtemps. Après une chanson dédiée à ces tristes évènements, nous avons droit à quelque chose d’inusité : Céline et Zachary Richard qui chantent « L’arbre est dans ses feuilles » au complet !
Mes aïeux est annoncé par Céline : ton père est un croche, une chanson inédite et l’inévitable Dégénération dans laquelle Céline se laisse aller en dansant avec Stéphane Archambault. La foule danse.
Céline invite sa famille à la rejoindre pour nous faire vivre ce qui se passait chez eux quand ils jouaient de la musique ensemble. On craint le pire. Finalement, il en ressort l’un de meilleurs numéros du spectacle : on sent la communion familiale. Les Dion nous font du riguodon et crinque le monde à fond !
Puis, Céline entame « L’Amour existe encore », des petits bruits de filles qui mouillent se font entendre. Puis après le premier refrain, Éric Lapointe saute sur le stage pour accompagner Céline dans une version pleine d’émotion. Lapointe allant même jusqu’à se mettre à genou pour Céline. La diva quitte la scène pour laisser le rocker chanter l’un de ses récents succès : Toucher. Il nous laisse finalement avec son méga-hit : Mon ange.
Céline revient chanter quelques chansons. La foule apprécie énormément. Garou revient sur scène pour entonner La Chasse Galerie de Claude Dubois. Éric Lapointe vient le rejoindre pour rajouter du mordant. Puis à la toute fin, le vrai chanteur de cette pièce apparaît sur le haut du stage. Cette voix si clair et puissante vient nous donner la chair de poule.
Céline rejoint Dubois et ils chantent ensemble Si Dieu existe dans une harmonie parfaite. La Dion le quitte et Claude Dubois se met à siffler pour nous jouer Femme de rêve. Tout le monde est heureux.
Puis, Céline vient présenter quelqu’un qu’elle trouve immensément talentueux et qu’elle admire beaucoup : Jean-Pierre Ferland (oui oui, le même qui avait prit sa retraite l’an passé). Ferland conquis tout de suite les 200 000 spectateurs en chantant « Une chance qu’on s’a ». Céline le rejoint pour chanter « Un peu plus haut », la frénésie se fait sentir. Où est Ginette Reno ? Les couplets défilent et on cesse d’y croire, visiblement Céline va chanter la chanson seule avec Ferland. Finalement : elle est là ! Ginette se met à chanter, les poils se lèvent sur les bras.
Puis Jean-Pierre Ferland laisse la place aux deux canons de la chanson québécoise. Ils se renvoient la balle dans une épopée fatidique. L’émotion est palpable, ce fut quelque chose de tellement intense. J’en avais les frissons et les larmes presque aux yeux. Le duo Dion-Reno : ce fut ça le main event. C’est le truc que nous allons entendre parler dans 20-30 ans. De la même manière que nous entendons parler du trio Charlebois-Vigneault-Leclerc.
Cette soirée, vous comprendrez, était un évènement mémorable. Je ne regrette en rien mon choix d’y être allé. Certains vont dire avoir été déçu de ne pas avoir vu plus souvent Céline. Pour ma part, j’ai adoré ce choix audacieux. Elle s’est fait plaisir et elle a fait plaisir aux meilleurs artistes québécois. Quelle spectacle peut se vanter d’avoir autant de gros canons sur la même scène portant le même objectif : fêter le peuple de Québec en lui donnant tout ce qu’ils ont dans les tripes.
4h30 A.M : Arrivée à Sherbrooke.
7h30 A.M : Cadran sonne pour aller travailler !
Le duo dion-renaud était en effet excellent (pour l’avoir vu a la télé). Deux des plus grandes voix de la planète réunies, c’est impressionant!
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