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L’amour est une chienne.

On me demandait, il y a quelques instants, comment je pourrais résumer ma vision de l’amour ? Instinctivement, j’ai répondu que l’amour était une chienne.

Après quelques secondes de réflexions, je me suis rendu compte que l’énoncé était peut-être un peu trop fort. Je me suis rattrapé en disant ceci :

« L’amour est une chienne… c’est un animal de compagnie ou un dangereux prédateur, on sait jamais à qui on à affaire tant qu’on ne la dompte pas et qu’on ne lui met pas un collier à son nom ».

Je rajouterais à cela que si l’amour est une chienne, la fourrière doit être vide parce que y’a une longue file d’attente d’hommes et de femmes qui n’attendent qu’à lui mettre un collier autour du cou et qui repartent souvent les mains vides. Mwais… ça doit pas être une fourrière, ce n’est pas gratuit. La chienne d’amour est en animalerie et pour l’avoir faut parfois payer le gros prix.

 

Absence prolongée

Bonjour chers lecteurs et chères lectrices,

que se passe-t-il avec le roi ? Disons qu’il a un été trop très occupé et que prendre le temps d’écrire n’est pas dans ses priorités. Non pas qu’il n’ait rien à dire, au contraire, il en aurait long à partager. Disons qu’il se sent comme l’an dernier à la même date, mais avec une blessure plus profonde. Je ne sais pas si vous vous rappelez du spin-off de ce blogue qui avait eu lieu au printemps passé ? Le Royaume du Roi était devenue « Les Chroniques d’un roi au coeur troublé » ou quelque chsoe dans le genre. Un marathon de textes sur l’amour, les déceptions de coeur et sur l’espoir d’aller mieux.

Si j’avais eu du temps, le Royaume serait redevenu les Chroniques. Ça m’aurait peut-être aidé à passer au travers tout ça plus rapidement. Ne vous inquiétez pas, je vais mieux. À grand coeur, grand malheur disait-on. Je me suis accroché, j’ai espéré, attendu, voulu, rêvé, demandé, fantasmé, idéalisé et finalement rien n’est arrivé.

Lentement mais sûrement, je me reconstruit le petit coeur. Que réserve l’avenir au roi ? Qui sait ? Il aurait pu sombrer dans les bas fonds comme à une certaine époque ou monter vers les plus hautes marches comme il aspire, mais il a décidé de faire les deux. Prince des nuits et roi des jours, il errera sans intention jusqu’à retrouver la passion.

Concernant ce blogue, du nouveau à prévoir cet automne, un déménagement sur un serveur dédié, une nouvelle interface et des textes plus réguliers.À suivre !

Bonne fin d’été !

Toi et moi

Qu’on soit plus vieux, plus mature, plus sage, n’empêche pas qu’on reste con. J’ai fait une jolie trouvaille tout à l’heure, ma première « vraie » chanson écrite. Cela avait été fait à l’âge de 17 ans, dans le but de participer à Secondaire en spectacle avec ma copine. Mon meilleur ami avait fait une composition et il la sortait souvent lorsqu’on jouait de la musique. C’était souvent notre moment « impro » où toutes les paroles du monde étaient mises sur ses accords de guitare.

Avec le temps, un refrain est apparu :

Toi et moi pour la vie

Notre amour infini

Ça sonnait bien et c’était « catchy ». N’en fallait pas plus pour que je décide d’écrire cette chanson en me basant sur ma blonde et notre couple. 17 ans, naïf à souhait et poète de deux cents qui idéalise l’amour. 5 ans plus tard, je suis toujours naïf, toujours poète à deux cents et j’idéalise toujours l’amour.Pour votre plaisir et mon propre déplaisir, le texte de la chanson « Toi et moi » :

Soleil qui brille sur mes peines
ange gardien qui me veille
l’amour coule dans mes veines
tu es pour moi la plus belle

simple gestes du matin
te caressant de me mains
soupirant sous tes rires
aspirant ton sourire

je t’ai vu partir de tes ailes
t’envoler vers le ciel
comme un oiseau qui naît
tu es mon plus beau secret

tu me fais monter au ciel
au paradis des merveilles
notre amour est parfait
tu es celui que me plait

Toi et moi pour la vie
notre amour infini
le temps nous portera loin
vers les mêmes chemins

Ouh Ah (x2)

Toi et moi pour la vie
notre amour infini
le temps nous portera loin
vers le même destin.

Nos premiers pas furent pour moi
des moments magiques, du bonheur
pour toujours je serai ton roi
et toi la reine de mon coeur

Tous les deux à s’aimer
un rêve, un conte de fée
notre amour un bouqet de fleur
tu es la rose de mon coeur

Toi et moi pour la vie
notre amour infini
le temps nous portera loin
vers les mêmes chemins

Toi et moi pour la vie
notre amour infini
le temps nous portera loin
vers le même destin.

Je t’aime (x3)

À plus !

Seul et célibataire

Petite chanson que j’aime bien des Fatals Picards qui traduit bien l’état d’esprit de vôtre roi.

Depuis que t’es partie, je mange ce que j’veux chez moi
Aujourd’hui c’est pizza, hier c’était pizza
J’arrose tout les jours tes cactus. Tu leur manques à eux aussi
Vu les têtes qu’ils me tirent, aujourd’hui
J’ai fait une raclette, notre appareil est trop beau
On peut voir fondre le fromage à travers le hublot
J’ai oublié de te demander, c’est vraiment trop bête,
S’il faut faire bouillir l’eau pour bien saisir un steak
Le chat est mort, j’pensais qu’il tiendrait plus longtemps qu’ça
J’ pensais pas qu’ pour les boîtes il aurait besoin de moi
J’arrive pas à changer les draps, j’veux garder ton odeur près d’ moi
Mais faut bien reconnaître qu’ ça sent plus tellement toi

Et je me sens
Comme un Noël en famille, comme un skin en espadrilles
Michel Sardou à la fête de l’Huma, comme Dark Vador au sauna
Comme un Jedi sans la force, Woody Allen qui bombe le torse
Comme la Russie sans Poutine, comme les droits de l’homme en Chine

Je compte les voitures qui ressemblent à la tienne
Deux cent douze Twingo vertes depuis l’début de la semaine
Sur ton répondeur ça dit « numéro plus attribué »
Mais j’ai reconnu ta copine Claire, ça m’a fait rigoler
Sinon, t’inquiète, je vais très bien, je vois des gens
Les derniers, y a trois mois, c’était mes parents
Même si, vu mon état, ils ne sont pas restés longtemps
Eux aussi ont la pêche, ils sont partis en courant

Et je me sens
Comme un pitbull bien dressé, comme un enfant bien élevé
Comme un dimanche sans Drucker, comme mon frigo sans une bière
Comme Gromit sans Wallace, comme le rock sans les Wampas
Comme les jeunes sans les vieux, comme Aznavour sans ses adieux

Je m’habitue à ne plus me servir de mes yeux
Au cas où il faudrait les revendre
Pour me payer un billet pour aller te chercher jusqu’en Finlande
Je m’habitue à manger en avalant et sans mâcher
Mais ça c’est juste, ben comme ça, pour le plaisir d’essayer

Et je me sens
Comme un sandwich grec sans sauce, comme l’ennui sans la Beauce
Comme de Gaulle sans l’appel, comme le Mont sans Michel
Comme un rasta sans son spliff, comme un gadget sans son Pif
Comme Gainsbourg sans Gainsbarre, comme Renaud sans Renard
Comme un Polonais dans un bus, comme Brassens dans Superbus.

S’accrocher

Il y a ces moments de joie, il y a ces moments d’émoi. Il y aussi ces moments de vide, ces moments où plus rien ne nous entoure où l’on ne fait que tomber. Tomber jusqu’à ce que le vide devienne habitude

Dans ces moments, une corde nous ait lancée, on croit parfois qu’elle nous est tendue par quelqu’un, mais on réalise souvent qu’elle n’est créée que par notre espoir, notre orgueil.

Alors on tient la corde, pendu ainsi dans le vide. Trop faible pour remonter, trop fort pour se laisser aller. On s’accroche et on ne sait pas ce que l’on attend ainsi. On se complait dans cette attente, sans réaliser que peu à peu on perd notre énergie.

Après quelques temps, deux options possibles : quelqu’un tire la corde pour nous remonter au bonheur… ou on arrête de désillusionner et on lâche la corde pour tomber.

On a souvent peur de la chute et du choc que cela procure, mais parfois vaut mieux avoir une jambe cassé que les mains meurtris à force de trop espérer.

En ce moment je tombe… Je sais ce qui m’attend, ce n’est plus le vide, c’est la terre ferme. J’ai le coeur qui a mal au coeur, j’ai les yeux humides par le vent qui souffle en ma chute, j’ai la douleur que je sens venir en moi, mais ce n’est pas grave je souris. Je sais maintenant qu’il vaut mieux tomber que de rester trop longtemps accroché.

S’accrocher, se raccrocher à quelque chose, c’est l’option du lâche. Je suis courageux, cette fois je lâche.

Bye Miss J.

Faux retours

Moscou, 1985. Il est seul, là et las au milieu de la gare centrale. Les briques grises et l’absence de lumière naturelle rendent le monde un peu morne sous ces mètres de bétons. Il est là depuis un mois déjà, un mois à attendre patiemment sur le deuxième banc du quai numéro 3.

« Je pars quelques jours, je reviendrai mardi prochain, attends moi, ne m’oublies pas, à mon retour nous serons heureux et ensemble ».

Ce sont les derniers mots qu’elle lui avait dit avant de prendre le taxi en direction de la gare. Il était anxieux à l’idée d’être séparé d’elle, mais elle lui avait promis tellement un beau retour, qu’il s’accrochait tous les jours à son sourire et à ses promesses.Les jours passaient et dans son coeur il voyait la date de retour arriver de plus en plus rapidement.

Le matin du grand jour, il sorti son plus bel habit et alla acheter le plus beau et le plus gros bouquet de fleurs chez le fleuriste du coin. Il s’installa nerveusement sur le deuxième banc du quai numéro 3. D’une main il tenait le bouquet de l’autre il tenait une petite boîte sur laquelle était dessiné à la main le nom de sa dulcinée. Ce petit récipient contenait les lettres qu’il lui avait écrit tous les jours durant son absence. Il avait hâte de lui donner pour qu’elle voit à quel point il s’ennuyait, à quel point elle lui avait manqué.

Dès l’instant du départ de sa belle il avait rêvé à ce retour, à la sensation qu’aura son corps contre le sien lorsqu’ils s’enlaceront de nouveau. Une dizaine de jours ce n’est pas la fin du monde, mais pour un coeur amoureux le temps passe plus lentement, le temps est plus dur aussi sans la présence de l’être aimé.

Le train devait arriver à 11h05. Il était déjà 11h06, pas de signe du train. Il s’impatientait déjà, ayant mis toutes ses forces et sa concentration sur le 11h05, dépasser une minute semblait devenir une périlleuse attente pour lui. À 11h15, il entendit le bruit métallique du train se rapprocher. Quelques instants après, les freins firent claquer les roues sur place et enfin le train s’immobilisa.

Son coeur palpitait comme jamais, il allait enfin être de nouveau réuni avec elle et pour toujours. Les premiers passagers descendaient. Il regardait chacun des visages, chacun des hublots, en quête de sa douce. Puis, le personnel de soutien apparu et finalement le chauffeur descendit pour aller se dérouiller les jambes. Les portes étaient closes, elle n’était pas là.

Il chercha partout, de gauche à droite, de bas en haut. Il attendit. Il retourna chez lui, tenter de l’appeler, pas de réponse. Où était-elle ?

Ça, il ne le sut jamais. Le lendemain de ce tragique instant, il retourna à 11h05 au deuxième banc du quai numéro 3. Un nouveau bouquet de fleur et la petite boîte dans une main. Il recommença ainsi tous les matins.La petite boîte devint de plus en plus petite au fil des jours puisqu’il écrivait une nouvelle lettre à chaque matin en se levant.

Aujourd’hui, un homme n’a pas pu s’empêcher de lui demander pourquoi il s’entêtait à toujours revenir attendre cette fille :

« Pourquoi, monsieur, vous ne lâchez pas, elle ne reviendra pas, vous vous faites plus de mal qu’autre chose ».

Il lui répondit, avec un sourire sincère cachant une peine interne :

« Je comprends ce que tu me dis, mais que puis-je faire ? Elle m’a dit qu’elle reviendrait et qu’à son retour nous serions heureux. Elle n’est pas là, mais je ne peux rien faire d’autre qu’espérer. Si j’arrêtais de l’attendre, ce serait une torture tous les jours de me dire qu’elle est peut-être revenue et que je n’étais pas là. Lui écrire tous les jours c’est ma façon de la garder vivante, de la garder dans ma vie. Je suis ici tous les jours et j’espère, car c’est tout ce qui me reste, de l’espoir. L’espoir fait vivre mon ami. »

Le curieux prit une longue respiration et lui répondit :

« L’espoir fait vivre, mais on ne vit pas longtemps le coeur brisé camarade ».

Les yeux de l »amoureux se remplirent de larmes et sa voix se fit plus faible :

« Mon coeur est parti avec elle, je lui ai donné et elle est parti avec lui. Je n’ai pas le coeur brisé, je n’ai plus de coeur. Je lui ai donné pour ne pas qu’elle m’oublie et pour qu’elle le place près du sien. Je me sens vide maintenant. Je lui ai tout donné et elle m’a oublié. Je n’ai plus rien pour moi aujourd’hui si ce n’est que d’espérer qu’elle revienne me voir. Je vis dans l’attente, dans l’anxiété, j’ose croire qu’elle reviendra ».

Le curieux le regarda droit dans les yeux, lui sourit et lui mit la main sur l’épaule :

« Je me demande s’il ne vaut pas mieux avoir le coeur brisé plutôt que de laisser, comme vous, le destin de son coeur entre les mains de quelqu’un qui disparait. Il ne vous reste que l’espoir et vous dites que l’espoir fait vivre,  mais n’oubliez pas que la vie tue. »

Il haussa les épaules, sachant très bien que tout ses agissements étaient illogiques, mais qu’il n’y pouvait rien. Il devait attendre et y croire. L’homme curieux reparti d’où il était venu, continuant son périple quotidien. Le long de sa marche il croisa une dizaine d’hommes, assieds sur un banc, l’air maussade, bouquet de fleurs dans une main et petite boîte dans l’autre. Tous attendaient, tous espéraient.

Qu’on soit à Moscou dans les années 80, que l’on soit à Tokyo hier ou à Paris demain, dans chaque gare, dans chaque station, il y a un amoureux qui espèrera le retour de sa belle. À chaque instant, à chaque endroit, de chaque époque, il y aura toujours un homme et une fille pour se dire un « à bientôt » qui deviendra un terrible « adieu » .

Faux départ (bis)

(NDRL : Ce texte a été écrit en avril 2009. Un texte de fiction qui se veut un peu une métaphore sur les occasions ratées entre deux personnes parce que la situation est complexe ou parce qu’il y a quelqu’un d’autre dans le décor. 1 an plus tard, ça m’attriste de savoir que ce texte me touche beaucoup et me concerne…  En fait, j’écris pour  faire réfléchir ou toucher les gens, mais je me rends compte que souvent c’est moi qui est le plus touché quand je relis mes textes… narcissisme. On m’a déjà demandé une suite à cette histoire, je le ferai prochainement, j’y pensais, l’inspiration n’y était pas, mais je la sens venir. Bientôt. )

Année 1870. Il est là, seul sur un banc, en plein milieu de la foule agitée de la Gare Montparnasse. Les jambes allongées, les bras déposés, il semble las. Les gens passent devant, derrière, de côté, sans jamais le remarquer. Tout le monde a un train à prendre, pas le temps de prendre le temps. Il y a maintenant 5 heures qu’il attend nerveusement. Il y a quelque temps, elle lui a dit : “Je serai là ne t’inquiète pas”. Il lui a fait confiance, il l’aime, comment ne peut-il pas la croire ?

L’histoire de cet homme est particulière. Un samedi après-midi alors qu’il faisait son marché, il a rencontré une ancienne connaissance. Quelques années les séparaient de leur dernière rencontre, mais c’était comme si cela avait été hier. Les deux sont allés prendre un café, discuter du bon vieux temps, parler du présent. Il commençait à se faire tard lorsqu’elle l’invita chez elle. Ensemble, toute la nuit, ils créèrent l’amour.

Il se réveilla sous l’odeur d’un café fort aromatisé, elle l’attendait toute souriante dans la cuisine. Il savait que quelque chose n’allait pas, son sourire n’était pas le même que la veille. Quelque chose la tourmentait. “J’aurais dû t’en parler avant, mais j’ai un fiancé… nous allons nous marier dans quelques mois.” Ce fut difficile à comprendre pour lui. “Laisse moi te dire une chose : je ne suis plus certain de ma relation avec lui depuis quelques temps”.

Les jours passèrent et ils continuaient à se voir. À se dire de belles choses, à se faire de bonnes choses. Elle lui proposa qu’ils refassent leur vie ensemble, tous les deux, loin de là. Il accepta car il était amoureux d’elle maintenant. Les billets étaient achetés, le départ était dimanche matin.

“Je te rejoindrai dimanche matin, je dois cependant régler quelques détails avec mon fiancé avant cela. Je serai là ne t”inquiète pas.” Ce fût ses dernières paroles.

Il est là sur le quai au milieu de la foule de la gare Montparnasse. À errer dans son esprit, à tenter de comprendre. Il ne désespère pas, il a confiance en elle. Malgré celà, il est humain et il se questionne; il s’imagine des choses. Il la voit dans les bras de son fiancé, l’embrasser, le caresser. Il s’imagine qu’elle a décidé de rester finalement.

Il n’y pense pas trop car ce genre de réflexions rend morose, rend malheureux, mais après trois départs ratés et une journée à attendre sa dulciné, il ne se fait plus d’illusions.

Le plus triste dans cette histoire c’est que même si les années et les siècles passent, que les trains à vapeur ont prit le chemin de la combustion puis de l’électricité, que certaines gares sont devenus des stations de métro ou de  TGV, il y a une chose qui reste : dans chaque gare il y aura toujours un homme seul à attendre en vain son amoureuse. Il y aura toujours un couple fantôme qui ratera le train de la vie.