À ces femmes de rêve

Je vous parlais de culpabilité l’autre jour. J’étais gentil, je vous disais que finalement ce n’était peut-être pas de la faute des autres, mais bien la mienne si j’avais des problèmes d’amour. Vous m’avez trouvé tout mignon d’ainsi mettre sur moi toute la responsabilité de mes mots maux de coeur.

J’ai, par le passé, bitché sur ce blogue ces nombreuses reine qui ont parcouru mon royaume sentimental. Je décrivrais comment elles avaient osé agir avec moi… moi ! Ce pauvre homme parfait ! Je les emmerdais pour toutes ces peines, mais comme n’est pas tout blanc ni tout noir, je vais faire l’antithèse de ces billets provocants.

Je vais parler de ces que ces reines m’ont apportés plutôt de ce que j’ai cru qu’elles m’avaient enlevées. J’y vais dans le désordre, certaines se reconnaîtront, d’autres en reconnaîtront certaines et peut-être que quelques unes resteront anonymes à jamais, who cares knows ?

Merci à toi jolie brunasse, amie de ces jours présents, tu m’as constamment fait jongler entre le désir charnel, le lien amical et les sentiments amoureux, encore aujourd’hui je ne sais pas comment je vais me sentir face à toi dans quelques semaines, mois, ma perception de toi change tellement souvent et ce, depuis notre première rencontre. Tu m’as fais comprendre qu’il est possible de vivre différentes émotions pour une même personne, sur une période de temps, sans jamais nuir à cette relation, sans jamais perdre la personne.

Merci à toi petite perle de la mer, je me suis rapidement attaché à ton petit sourire et à ta simplicité de vivre. La facilité avec laquelle tu offrais tes baisers et tes caresses m’a un peu destabilisé au départ, mais cela m’a beaucoup aidé. On s’est connu dans cette période de ma vie où je pensais qu’un french c’était significatif et qu’une baise portait beaucoup de sens, tu m’as fait déstresser et tu m’as montré que y’a des moments pour s’en faire, mais il y en a aussi d’autres où on ne doit pas se poser de questions.

Merci à toi la girl next door de ma classe, petit fantasme innavoué mais pas innavouable. Passer des mois à t’admirer pour finalement avoir la chance de passer de si beaux moments en ta compagnie. Je ne savais pu ce qu’était l’amour, je l’ai cherché durant des mois, des années. J’avais perdu son vrai sens, sa vraie valeur et tu m’as fait redécouvrir ce sentiment troublant. Je pensais être heureux à ce moment-là, sauf que tu m’as permis de me rendre compte, lorsque j’étais dans tes bras, ce qu’était vraiment le goût du bonheur. J’taurais gardé plus longtemps, mais le destin tu en as voulu autrement.

Merci à toi amoureuse, coup de foudre et première femme de mes rêves. Tu m’as montré que les limites n’existaient pas lorsque l’on aimait. Tout peut être parfait dans les bras de celui qu’on aime et malgré les embûches, les brisures, les crises, ensemble on pouvait passer au travers. Tu m’as aussi fait croire à quelque chose que je ne croyais pas vrai : les coups de foudre. Dès que nos yeux se sont croisés, on a tout laissé tombé pour se réunir et vivre ensemble un bout. Grâce à toi, j’ai connu l’amour et c’est pour cela que je ne t’oublierai jamais totalement.

Merci à toi jeune fille. Je ne sais pas trop comment la vie nous a mis sur le même chemin, mais semble-t-il que cela a cliqué. Tu m’as permis de vivre mes premières expériences intimes, d’acquérir de l’expérience dans le frenchage (plusieurs dames t’en voudront peut-être un jour de m’avoir fait aimer le fait d’embrasser!). Tu as vraiment été mon coup d’envoie dans la vie sentimentale et je ne peux que te remercier pour ceci.

Ma douce et tendre aguicheuse. Tu me promettais l’amour et tu n’as jamais pu me la donner. Combien de fois m’as-tu fait croire qu’on serait ensemble ? Ce n’est pas grave, tu m’as fais prendre conscience de la valeur des choses et du fait qu’elle sont d’autant plus appréciables lorsqu’elle sont longuement consummées. Toutes ces histoires de coeur nous aurons détruits, nous aurons éloignés. Tu ne me connais plus et je ne te connais pas plus, c’est triste car nous étions si proches, si complices. Tout ceci m’aura aussi fait comprendre qu’amitié et amour, ce n’est pas toujours bon ménage.

Ah femme de rêve, j’ai toujours rêvé d’une blonde aux yeux de couleur bleu. Une grande de préférence, bien faites et avec un sourire de la mort. T’étais mon modèle physique de fantasme. Je t’ai eue près de moi quelques temps. C’est drôle car notre première rencontre a vraiment faillie ne pas se dérouler comme elle s’est faite. Tu me lançais des sourires invitants, tu me dévorais des yeux, tu te collais sur moi sur le dance floor. Je pensais que tu me niaisais, tsé j’doutais tellement dans ce moment-là, tellement de poignards dans le coeur que je finissais par croire que les filles s’amusaient à me niaiser. Le fait que je sois déguisé n’aidait sûrement pas à ce que je pense que tu étais sérieuse. Même lorsque tu m’as regardé dans les yeux, que tu m’as enlacé et que tu m’as embrassé devant tout le monde, je pensais que c’était la même game que d’habitude, un french de plus, un défi. J’ai compris que tu ne niaisais pas quand j’ai découvert que tu n’avais pratiquement pas bu et qu’on a passé le reste de la soirée à jaser de tout, de toi, de moi, qu’on se rende compte qu’on était bien complices. Je comprenais pas comment mon idéal féminin pouvait s’intéresser à moi ! Certes, je n’étais pas laid, en forme, confiant et séducteur, tout pouvait me réussir, sauf que je ne le savais pas. Tu m’as fais comprendre ceci, il n’existe pas de limite dans la séduction. Je suis un charmeur et je sais comment charmer, tu m’as fais croire à tort ou à raison que tout pouvait me réussir. Qu’il suffisait de croire en soit et d’avoir l’air confiant pour que toutes les portes s’ouvrent à nous.

Merci à vous, et à ces autres oubliées, vous êtes entrées dans ma vie et en avez laissé une blessure au coeur, par votre faute ou la mienne, on s’en fout, parce que vous avez aussi laissé de belles marques, vous m’avez fait grandir et sans vous, je n’en serais pas là aujourd’hui.

L’urgence de dire je t’aime

Dimanche soir, 17h00, heure de l’est. Je prends mon cellullaire, tiens trois appel des parents et un message vocal. Je l’écoute : “Salut mon grand, on est dimanche il est 16h45, si tu peux me rappeler c’est important et urgent, je vais être à la maison jusqu’à 17h30, sinon appelle moi sur le cell de ta soeur.” Intrigué, je retourne l’appel. Espérons qu’il soit à la maison, je n’ai jamais prit le cell de ma soeur en note, me disant que si je devais lui parler j’appellerais à la maison.

-Salut, tu m’as appelé ?

- Oui…

-…

- J’ai pas de super bonne nouvelles, laisse-moi te raconter ça depuis le début tu vas mieux comprendre.

Les minutes défilent et après avoir commencé l’appel en position debout et de façon plus ou moins attentive, je termine cet appel sous le choc, en petite boule sur mon divan. Mon père vient de m’apprendre que ma soeur est à l’hôpital depuis deux jours, que sa situation est vraiment pas évidente, qu’il y a des risques et que y’a possibilité qu’une greffe soit envisagée pour la sauver de tout ça. Je suis surpris, de toutes les choses que je m’attendais à apprendre celle-ci se plaçait en dernier. Ma soeur, ma petite soeur, aux soins intensifs, presque à l’orée de la mort.

Je me sens profondément impuissant et absent, je me dois d’aller la voir, lui apporter mon support, supporter le reste de ma famille dans cet épreuve. Elle est à 500km de chez moi. Voila quelques jours que je dors mal et que je somnolle durant la journée, que faire ? Prendre la voiture dans cet état et risquer de m’endormir au volant ou d’être innattentif  ou attendre le lendemain ? Bien sûr, mon père m’a dit que sa situation s’était un peu stabilisée et que la nuit devrait lui apporter un peu de mieux, mais cela ne me rassurait point.

Néanmoins, je dus me soumettre à passer la nuit à Sherbrooke avant de quitter. Puis, vers 5h00 du matin, dans cette nuit plus ou moins réparatrice, trop occupé à penser à tout ça, je reçois un appel, mes parents. Je réponds subito-presto et mon père me dit : “Oui Nicolas… ta soeur ça ne s’est pas amélioré, elle va être transférée à Montréal, elle part en avion dans quelques instants, elle va être à X hôpital”. Ok! C’est pas bon signe. Dans ma région natale, les hôpitaux sont très bien équipés et peuvent très bien déservir la population, cependant quand les situations s’aggrave les médecins ont tendance à envoyer les patients à Québec, qui est tout proche. Là, c’était pas Québec, mais Montréal. Ça n’annonçait pas grand chose de bon.

Arrivé à Montréal, je m’informe sur l’endroit où je peux trouver ma soeur. On m’indique un numéro, je suis les indications et j’arrive nez à nez avec l’unité des soins intensifs. C’est pas bon du tout. Je m’informe à l’infirmière qui me dit qu’elle n’est toujours pas arrivée en avion. Cela m’inquiète encore plus. Puis, une quarantaine de minutes plus tard elle est arrivée. On me dit que je peux aller la voir.

J’étais sans mot, troublé. Sans défense. Voir ma petite soeur que j’aime tant, celle que je protègerais contre tous les maux de la Terre, celle pour qui j’irais chercher la lune, la voir faible, branchée de tous les côtés et absente de couleurs sur une civière, c’est un choc. Je lui tiens la main et je lui parle un peu, elle est lucide, consciente, mais souffrante. Je ressors 15 minutes plus tard, pensif. Je suis optimiste, j’ai un feeling. Cela va s’arranger, je le vois je le sens.

Mes parents arrivent, on se supporte. Nous ne pouvions voir ma soeur qu’une fois par heure, pendant 15 minutes maximum et pas plus de deux personnes. C’est ainsi que j’allais la voir 1 fois aux deux heures. Parfois elle dormait, parfois elle était réveillée. Jamais en grande forme. Puis, le lendemain, le docteur nous apprend que sa situation s’est améliorée et nous sommes à même de le constater. Elle a reprit des couleurs, elle ne souffre plus vraiment, elle recommence à manger. Elle devrait quitter les soins intensifs bientôt.

Aujourd’hui, elle est dans une chambre à elle et je viens de lui parler. Elle va très bien et son docteur a dit qu’elle pourra peut-être sortir demain. Vous ne pouvez vous imaginez à quel point je suis heureux. Que tout ce malheur, ce stress, cette situation soit terminée et qu’en plus elle n’en gardera aucune séquelle de tout ça, c’est un réconfortant bénéfique. Ce genre d’évènement change les gens,  lorsqu’on est hospitalisé de façon grave on doit sûrement voir la vie d’un autre côté à sa sortie, constater sa valeur.

Pour les proches, en ce qui me concerne, cela a changé ma perception de bien des choses. Je n’aurais pas pu accepter de perdre ma petite soeur, je ne sais pas comment j’aurais pu passer au travers cela. Je suis isolé de ma famille depuis 2 ans maintenant, je les vois rarement. Cependant, on reste liés les uns aux autres. Ils peuvent compter sur moi et je peux compter sur eux. Je savais que j’aimais ma famille, mais maintenant je l’ai compris.

Si je vous raconte tout ceci et que je vous fais entrer dans ma vie personnelle c’est pour vous forcer à comprendre que malgré toutes mes petites histoires, théories et expériences sur l’amour, je ne rencontrerai jamais quelqu’un pour qui j’aurai plus d’amour que j’en ai pour mon père, ma mère et ma soeur. Les liens du sang sont impénétrables, sont infaillibles. Cependant, la mort peut parfois venir vous enlever un être cher. C’est pour cette raison que je le dis, n’hésitez jamais à montrer à vos proches que vous les aimez car le jour où vous vous retrouverez devant une situation malheureuse vous pourriez vous en vouloir de ne pas l’avoir fait avant.

Je t’aime ma soeur et je t’aimerai toujours car tu es, avec Maman, la femme de ma vie.

L’hêtre parfait

Dans ces sentiers sinueux se cachait le plus grand et le plus beau des hêtres. Toute la forêt le connaissait, c’était le maître, le roi, le plus populaire, le plus fort, le plus beau.

Les grands chênes massifs, les petites brindilles faiblardes, les roses dégarnies, les repousses indigènes, les jolis sapins, les animaux locaux, les eaux et les cieux, tous les habitants de la forêt le respectait, l’adorait et l’admirait.

Il savait comment se tenir face aux vents violents, il savait comment éviter la foudre lors de ces terribles orages, il puisait l’eau comme pas un en temps de sècheresse, il souriait aux plus beaux oiseaux et les plus beaux oiseaux l’habitait, il tenait en ses feuilles les plus habiles et magiques des insectes.

C’était le plus fort, le meilleur et le plus agile. Bien sûr, il y avait d’autres individus dans la forêt qui prétendait à être bien fortunés, mais jamais aucun n’arrivait à la cheville de cet hêtre de succès.

Il avait une vie parfaite selon plusieurs. Tellement parfaite qu’on se sentait mal de l’importuner, de le déranger, de discuter avec lui, croyant, à tort ou à raison, qu’on l’ennuierait.

Que pensait cet hêtre de tout ceci ? Il était bien conscient de tout son succês, il survivait mieux que les autres, ses feuilles poussaient plus vertes que celles de ces voisins et son avenir était plus joyeux que bien d’autres amis naturels. Il était heureux de ce succès, il était heureux de savoir que tout le monde l’aimait, mais il ne pouvait s’empêcher de se demander comment cela serait s’il était normal ? Serait-il plus heureux d’être un simple saule semi-fort, semi-vif, inconnu de tous. Tout le monde ne l’aimerait pas, mais peut-être au moins connaîtrait-il une seule plante qui tomberait en amour avec lui ?

C’est ce qui manque à notre hêtre. Il est bien entouré, mais il est seul. À être trop respecté de tous et admiré de chacun, les autres le placent sur un piedestal. Tout le monde a peur de le déranger, mais si tout le monde se dit “ah non je n’irai pas le voir”, alors l’hêtre se retrouve seul. Et s’il est seul, il n’est pas mieux que cette herbe à poux qui est mal-aimée. Cependant, cette petite plante désagréable, elle, compte au moins un monsieur pissenlit qui l’aime à la folie.

Vaut-il la peine d’être aimé de tous si c’est pour ne pas recevoir l’amour d’une seule personne ? Je ne sais pas ce que l’hêtre en pense sauf que pour ma part je préfèrerais parfois connaître moins de gens, d’avoir moins de respect de leur part et en contre-partie j’aurais peut-être une seule et vraie personne qui m’aimerait pour ce que je suis et non ce que je représente.

Culpabilité

Depuis le début de ce blogue, je me suis souvent permis d’écrire mes histoires, mes expériences, mes anecdotes avec les histoires de coeur. J’ai même dernièrement décidé de réorienter temporairement ce site dans une lancée plus “sentimentale” puisque je sentais que cela me ferait le plus grand bien.

Sur la dizaine de textes que j’ai écrit sur mes “problèmes” de roi au coeur douteux, j’ai souvent pointé du doigt les autres. Traitant certaines filles de folles, d’autres de bizzare, de personnes ne sachant pas ce qu’elles veulent, de cruelles de ne pas vouloir s’embarquer, etc.

En fait, j’ai souvent blâmé les filles pour ces mauvais bouts. Comme si j’étais un saint qui n’avait rien à se reprocher. Sachez que je ne l’ai jamais pensé, je sais que j’ai mon rôle, très important, à jouer là-dedans. Si cela m’arrive c’est que je dois agir d’une certaine façon et donc j’en subis les conséquences de ces actes.

Comment en vouloir aux autres lorsqu’on est trop indépendant et que la fille cherche quelqu’un de dépendant… comment en vouloir aux autres lorsqu’on est trop dépendant et que la fille cherche de l’indépendance ? Comment se faire aimer si on peine à vouloir aimer à sa juste valeur une personne ? J’ai pas toujours bien agît, en fait souvent j’ai été la principale cause de mes déchéances.

À toutes ces femmes, je vous dis que je vous pardonne pour ce que vous ne m’avez pas fait. J’ai agi pour tenter de vous plaire, j’ai agi et je vous ai déplues. Et ce qui en ressort de tout ça ? Les mots sont bien choisis : j’ai agi et non j’ai vécu. J’ai tenté d’être quelqu’un qui pourrait être parfait à ce moment là et j’ai oublié trop souvent d’être juste moi.

Qu’est-ce que ca donne de se faire aimer par quelqu’un en agissant différement de ce qu’on est vraiment ? C’est peut-être bien un temps, mais ça te saute dans face un peu plus tard. Morale : rester soi-même et aimer/se faire aimer comme ceci.

Je pardonne à celles que j’ai aimé, mais saurai-je me pardonner ? Je dois arrêter de tenter de plaire et d’agir en cette conséquence, je dois me plaire à vivre.

Je rêve d’ailes

Je ne pense plus à Elle, certes.

Malgré tout, durant mon sommeil de la nuit dernière j’ai passé plusieurs heures à ses côtés. Ce n’était pas un rêve à l’eau de rose ou censuré aux moins de 18 ans, non. C’était un cauchemar. Elle ne m’adressait plus vraiment la paroles, ses gestes étaient méprisants à mon égard, elle m’ignorait. Le pire, c’est que le faisait devant moi et sans gêne. Passer une nuit à vivre d’échec en échec, ca vous brûle un peu l’esprit et ce matin, à mon réveil, je me sentais un peu bouleversé.J’avais une petite boule d’angoisse dans le ventre, je ne sais pas ce qu’elle voulait apréhender.

Pour  la première fois en deux semaines, j’ai pensé à Elle. Non pas en ayant des espoirs amoureux, mais en me demandant pourquoi mon subconscient me la ramène ainsi alors que je m’en sortais très bien sans y penser. Cette histoire amoureuse est terminée  pour moi, cependant je voudrais pas que ca se termine ainsi, dans l’ignorance et le mépris.

Je me sens un peu prisonnier dans ces moments d’angoisse et au lieu de rêver à Elle, j’aimerais rêver d’ailes qui me permettraient de m’envoler plus haut que ces bas problèmes et respirer un peu mieux l’air qui touche parfois ces cristaux appelés aussi étoiles.

La prière

J”ai jamais eu peur de dire je t’aime

même que je l’ai dit, un peu trop souvent

je lançais sans gêne, en souriant

Sans même me douter que je mentais effrontément


Puis je suis rentré dans ta vie

comme on rentre à la maison

après un long voyage de nuit

sans jamais voir l’horizon

j’ai posé mes bagages au pied des tes grands yeux bleus

Pis le reste du voyage, veux-tu qu’on le fasse à deux ?

C’est toi qui m’a appris le sens du mot sincère

aujourd’hui quand je le dis, je t’aime ressemble à une prière


Parlant de prier si je me souvenais des mots du notre-père

c’est sûr qu’à soir je prierais pour remercier le ciel de t’avoir

j’devrai prendre des mots vrais, des mots clairs ternis par aucune religion

pis si Dieu m’écoute dans l’air j’suis sûr qui trouve que j’ai raison


Ma guitare a vieilli au fil des chansons

à l’a même faite des petits, j’ai toute sa portée dans le salon

j’ai vieilli moi aussi, j’ai retrouvé mes cheveux longs

veux-tu qu’on fasse un petit, j’ai même pensé à un nom


Je sais que l’appart est petit, j’sais ben, on serait mieux dans une maison

mais je fais des économies, pis tu sais 9 mois c’est long

ce serait le plus grand honneur que pourrait me faire la vie

que de mélanger mes couleurs avec les tiennes, ma douce Marie.

Alexandre Poulin – La prière

Main dans la main avec le destin

Allez prend ma main et suis moi plus loin, là où les réverbères éclairent nos chemins.Courons vers l’horizon jusqu’à ce que nous y touchions, ainsi sans fin,  vers un même destin.

Main dans la main, voguons sur les eaux de nos tourments, naviguons sur les vagues de nos bonheurs et amarrons nous à ces rives inconnues qui promettent tant d’avenir.

Laissons nous porter par ce vent qui souffle, laissons nous glisser et ainsi nous verrons où le temps nous portera. À quoi bon planifier lorsqu’on peut profiter ?

Prends ma main et laisse le destin nous mener, là où il croira être le mieux pour nous deux. Peut-être qu’en cours de route tu n’auras pas le choix que de me lâcher, mais au moins on comprendra que c’est ainsi que la vie en a décidé.

Pourquoi déciderions-nous à sa place ? Qui es-tu pour dire que nos chemins ne sont pas les mêmes ? Prends ma main et essai. Tu as peur ? Tu crains que tout ça ne soit pas valable si le destin nous sépare ? Que le risque n’est pas à prendre ?

Et si ? Si la destinée nous offrait l’opportunité de voyager en ne formant qu’un ? Comment le saurions-nous sans l’essayer ?

Ma main est tendue vers toi et j’toffre un voyage vers l’inconnu, rempli d’intrigues et de bonheurs partiels. Il n’en tient qu’à nous de se laisser emporter, main dans la main, dans les creux du destin.

D’ici là, bonne nuit et n’oublie pas que le plus des rêves c’est en étant éveillé que l’on peut le vivre.

Un jour…

Un jour je serai grand, assez pour toucher le ciel et poser les nuages sur mes yeux. Ces cumulus cacheront à tous, grâce à leurs gouttelettes, toutes les larmes de mon corps qui coulent pour vous deux.

Un jour je serai soldat, assez pour tuer un homme. Cet ennemi cruel deviendra mon remède contre ces invasions d’amour de votre part.

Un jour je serai patissier, assez pour faire un gâteau. Avec mon rouleau et ma pâte, je construirai les bases de ce qui pourrait être notre repas favori.

Un jour je serai policier, assez pour pouvoir menotter. Avec ma matraque et ma sirène, j’arrêterai tous les brigands qui volent les coeurs de ces dames en détresse.

Un jour je serai célèbre, assez pour que tu me connaisse. Avec mes photos et mes entrevues, tu sauras qui je ne suis pas vraiment et peut-être, cette fois-là, auras-tu envie de découvrir ma vraie nature ?

Un jour je serai toi, assez pour pouvoir m’aimer. Avec mon coeur plus grand que tout, je me garderai une place assez grande pour que nous puissions être heureux.

Un jour je serai et ce jour-là tu n’existeras plus.

Ce premier amour

Dès que nos yeux se sont posés l’un sur l’autre j’ai compris que tu serais à jamais spéciale. Dès que nos mains se sont touchées, je me suis senti bien, apaisé. Dès que tu quittais plus loin, mon ventre se contractait. Dès que bas je tombais, toujours plus haut tu me relevais. Dès que la nuit s’amorçait, de tes bras, toujours, je me couvrais. Dans ces moments de peine, toute ta joie tu me donnais. Dans ces moments d’angoisse, ta confiance, en moi, tu posais.

Bien sûr, parfois, il nous arrivait de nous chamailler, de s’envoyer promener et même de dire que nous nous détestions, mais chaque fois, après quelques heures, nous revenions bras contre bras prêts à affronter de nouveaux courants.

Nos premiers baisers furent des rituels sacrés, des sessions protocolaires. Tes seins furent le terrain des mes premiers plaisirs coupables. Ta vulve me permit de vivre cette exaltation unique, celle du premier bonheur inné tandis que plus tard tes mains mirent pied dans mon territoire encore vierge.

Ces moments intimes nous les partagions à la vue de tous, comme des millions avant nous, comme des millions après nous. J’étais amoureux, tu m’aimais comme une folle, nous étions en amour. Nous le sommes toujours aujourd’hui et c’est pour cela que je te dis : je t’aime maman.

(NDLR : Il ne s’agit pas d’un récit incestueux entre un fils et sa mère mais plutôt d’une métaphore cherchant à tromper le lecteur. Tout laisse croire à une amoureuse, une petite amie, alors qu’il s’agit en fait de l’amour sain entre une mère et son enfant. )

Ces amours d’été

Je ne vous ai pas oubliés, j’étais simplement parti en vacances dans les quatre coins du Québec avec des amis et surtout sans connexion Internet. Marid soir, je me suis retrouvé sur le bord du fleuve Saint-Laurent en compagnie de gens sympathiques et d’un joli feu de camp. Guitare, blagues et bières étaient au rendez-vous et même si j’étais à des centaines de kilomètres de ma région natale, je n’avais pas le choix que de me sentir “un peu chez moi”.

Je revivais ces moments passés sur les plages de sable fin du Lac-Saint-Jean, avec ou sans feu, sous les étoiles, avec des copains et le bruit des petites vagues qui accostent sur la berge. Au loin, l’infini s’étend et un peu vers l’est se cache les lumières timides de ces villages paisibles. Chaque été, jusqu’à mes 19 ans, je passais 3 mois en camping. Mes parents possédant une roulotte permanente sur un terrain sur les rives du lac, ainsi tout l’été c’était feu de camp, barbecue, terrasse, soleil, plaisir, plage, baignade. Un moment d’évasion qui fait du bien et qui sort du quotidien moribond de l’année.

Ce qui est bien avec ce genre de camping saisonnier, c’est que tu finis par connaître les gens et à développer des amitiés. J’avais bien sûr tous mes cousins/cousines sur place (le camping appartenait à mon grand-père avant de passer aux mains de mon oncle), mais c’est avec les “étrangers” que je vivais les plus belles des étés. Dès mon jeune âge, vers 4-5 ans, je fis la connaissance de cette petite blondinette qui devint ma meilleure amie de chaque été. Vers nos 9 ans, elle disparue, et à tout jamais je l’avais perdue. À cette époque, nous n’étions que des enfants se connaissant l’été, sans moyens de se voir dans d’autres saisons.

Puis, vers 13 ans, elle revint dans ma vie. Tellement belle, tellement gentille. C’est comme si nous nous étions jamais séparés. Du plaisir estival à son paroxisme. Elle quitta de nouveau, à cet âge où les relations hommes-femmes commencent à s’éveiller en soi, mais où les techniques de cruise sont peu existantes. À partir de cet âge, je me mit à tripper à fond sur les filles de mon camping. Cette brunasse timide, cette noirette aux yeux de noix, cette gentille petite rouquine du coin du détour, etc. Chaque été était un moment pour aimer quelqu’un. Bien sûr, ce n’était que l’habitude du côtoiement quotidien, ce n’était jamais vraiment sérieux.

À 15  ans, elle revint de nouveau cette amie. Nous étions plus mûrs, prêts à la vraie vie. Elle était en couple depuis quelques temps déjà, mais ça allait de moins en moins bien. Nous avons passer quelques moments qui atteignirent leur appogée ce soir d’août où toute la journée nous nous sommes prélassés sur la plage et le soir, autour d’un feu, nous avons fait nuit blanche sous les étoiles argentées. On s’est parlé de tout et de rien, on s’est regardé plusieurs fois comme deux amoureux.

J’étais prisonnier d’elle. Mon coeur ne battait que pour survivre un peu plus longtemps à ce moment avec elle. On s’est laissé le matin en se promettant de se revoir. Elle était amoureuse et en couple, j’étais amoureux et seul.Nous étions les meilleurs amis du monde lorsque nous nous voyions, mais l’attirance commençait à s’embarquer.

On s’est revu officiellement en décembre, dans une folle escapade où je finis par passer l’après-midi avec elle, dans son lit, à se coller, se caresser. Jamais d’embrassade, jamais de sexe. Juste de la tendresse. Elle était en couple quand même, faut pas dépasser les limites.

Ces limites furent dépassées quelques temps après alors que nous parlions des heures par semaine au téléphone, nous nous préparions des projets communs pour l’été à venir, nous nous promettions des activités à faire. Puis on s’est revu au courant de l’hiver, elle est venue chez moi. Sous les barres blanches du dessus de mon lit, c’est là que pour la première fois on s’est donné un gros bis (NDLR : paroles tirées ici de la version réécrites de Banlieue par l’auteur du texte alors qu’il avait 16 ans et qu’il était follement amoureux de sa meilleure amie.).

C’était pour moi très significatif, le fait qu’elle trompe son chum signifiait sûrement qu’elle aurait envie de faire un bout avec moi. N’empêche que le choix ne fut pas difficile pour elle : entre le chum steady depuis quelques années et le gars qui habitent à 40 min de chez elle, sans voiture et sans vraiment de garanties que cela fonctionnerait…

Je lui en ai voulu… mon petit cœur fût battu. Pourquoi tout ceci si c’est pour se retrouver meurtri ? Les plus sages des sages diraient que les chutes servent à se relever, qu’après la pluie vient le beau temps, qu’il faut aller dans les fonds du baril avant d’en sortir gagnant, etc. J’y croyais, pourtant au final, qu’est-ce qui en reste ?

J’ai perdu une amoureuse, j’ai perdue une amie, ma meilleure, j’ai perdu du temps, j’ai perdu du bonheur. Puis, quelques années plus tard, j’ai refaites les mêmes erreurs avec d’autres amies ou je me suis fait croire des histoires en prenant des baisers pour des je t’aime et en prenant des caresses pour des promesses.

On dit qu’il faut apprendre à ramper avant de pouvoir marcher, mais pourtant les serpents, eux, ramperont toujours, c’est inné en eux… je suis une vipère de l’amour, empoisonné de ce doux parfum que j’essaie de cracher sur des proies, mais plus souvent que autrement je suis l’arroseur arrosé.